Finis Terrae

Du 21 mai au 25 juin 2016

2016 Affiche 2016 - Jacques GODIN
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Exposition personnelle de Jacques GODIN. Gouaches et huiles.


FINIS TERRAE

“ Farewell, Finisterre
Sleep away the afternoon
Rocking with the tide
Drinking with the moon “


Il me trottait dans la tête, comme une rengaine lancinante, cet air un peu nostalgique, venu d’une contrée lointaine, et porté par la voix grave de la grande chanteuse anglaise June Tabor… Une chanson dont les paroles résonnaient en écho à mon désir de voyage. Partir, partir… Prendre la route, longer la côte, jusqu’à l’autre « bout du monde », celui des cathédrales rocheuses et des plages sauvages de sables roses, des forêts vertes de pins et d’eucalyptus, des rias profondes et des falaises telluriques de Galice.

Après deux jours de voiture, j’arrivais à la tombée de la nuit dans un petit village de pêcheurs nommé Laxe. Peu de monde en cette arrière saison d’automne. Carrefour de tous les départs de marche, c’est ici que je posais mon sac et que j’allais trouver matière à concrétiser le projet que je m’étais fixé, réaliser un ensemble de peintures pour faire suite à ma dernière exposition à la galerie en Ré, consacrée aux thèmes emblématiques de la peinture espagnole. Contrairement à mon travail précédent axé sur des visions urbaines, je décidais de me concentrer cette fois sur des paysages naturalistes à caractère maritime.

Il faut marcher longtemps le long des sentiers à flanc de coteau, bordé de landes et de roches granitiques, n’entendre rien d’autre que le fracas des vagues et le cri des mouettes, et enfin s’asseoir pour contempler le spectacle infini de la mer. C’est face à cette majestueuse mélancolie que l’esprit vagabonde, se mêlant à la nature environnante, au point d’en faire partie. Alors on éprouve ce sentiment étrange presque mystique d’en être le centre, et qu’elle devient une sorte d’émanation mystérieuse de nous mêmes et du monde extérieur.

Passé la « Costa da Muerte », à l’ouest s’élèvent les falaises vertigineuses du Cap Fisterra, dont la légende raconte que ce sont les romains menés par César qui baptisèrent le lieu Finis Terrae. De ce site à la fois sublime et désolé se dégage une impression majestueuse, parfois lugubre, où règne une atmosphère de fracas sonore assourdissant qui ébranle le corps tout entier. Le paysage évoque la mémoire des disparus, les naufrages des bateaux sur les brisants, attirés par les feux allumés des pilleurs d’épaves, et les cités englouties des récits bardiques. Dernière station avant le Nouveau Monde, je suis resté plusieurs heures à admirer ce spectacle de l’infini où l’esprit s’élève dans l’immobilité du temps et de l’espace. Dans ma solitude contemplative, le chant s’est joint à celui de la nature sous la plume de la poétesse galicienne Rosalia de Castro. « Quand j’imagine que tu t’en es allée, en plein soleil tu te montres, et tu es l’étoile qui brille, et tu es le vent qui bruit » (Negra sombra). Bien que peu enclin à ce genre de pratique ésotérique, l’ambiance aidant, à la tombée du jour, comme le veut la tradition des pèlerins en route pour Compostelle, j’ai brûlé un vêtement, en offrande au ciel et à la lune. Rituel païen s’il en est, célébré sur le promontoire d’un Olympe Celte, il symbolise la transition d’un ancien culte à celui des chrétiens.

Nous étions le 10 octobre, il me restait quelques jours pour descendre plus au sud empruntant les chemins de Saint Jacques vers la frontière portugaise, au pays des rías Bajas et des collines verdoyantes.

J’ai repris la route. Comme dans la chanson de June Tabor que je continuais à fredonner, le ciel s’effondrait sur Santander et l’histoire était terminée. Mais c’est un autre refrain, d’une autre chanson, de Bob Dylan, celle là, rendue célèbre par Joan Baez, qui allait occuper mon esprit quelques jours plus tard…

«  The machine guns are roaring...
The fiends nail time bombs
To the hands of the clocks...
Farewell Angelina
The sky is on fire
And I must go … »

Jacques GODIN
Jacques GODIN - 2016 Affiche 2016
Jacques GODIN - 2016 texte carton
Jacques GODIN - invitation 2016
Jacques GODIN - 2016 Praia de Traba 40x50
Jacques GODIN - 2016 Les cathédrales 1 45x55
Jacques GODIN - 2016
Jacques GODIN - 2016 Castro de Barona 34x50
Jacques GODIN - 2016 Ruelle du Gotico 40x30
Jacques GODIN - 2016 Le songe de la lumière 40x40
Jacques GODIN - 2016 Les toits de Barcelone
Jacques GODIN - 2016  3074
Jacques GODIN - 2016 Les toits de Barcelone (2) 26x26
Jacques GODIN - 2016 Camarinas 30x40
Jacques GODIN - 2016 Cangas 45x55
Jacques GODIN - 2016 Cette peau couleur ambre 40x70
Jacques GODIN - 2016 Muxia 15   24x18